THÈSE de doctorat : Approche médicale et scientifique du jeûne (Duverney-Guichard)

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THÈSE de doctorat : Approche médicale et scientifique du jeûne (Duverney-Guichard)

Message  admin2 le Sam 30 Mar 2013 - 1:33

Approche scientifique du jeûne

Le jeûne, une thérapeutique peu connue

La médecine aujourd'hui n'accorde pas de vertu thérapeutique au jeûne, et, d'une manière générale, récuse cette pratique pour ses dangers.

Nous nous posons la question de savoir si cette attitude est fondée scientifiquement. Nous avons réalisé l'observation la plus large possible, clinique, paraclinique, biologique, d'un sujet au cours d'un jeûne volontaire complet, avec apports hydriques libres, de 42 jours. Celle-ci peut contribuer à une meilleure connaissance des mécanismes d'adaptation de l'organisme au jeûne.

Nous évoquons enfin quelques pistes de recherche qui pourraient démontrer l'intérêt thérapeutique du jeûne. Le jeûne a été reconnu à toutes les époques et dans toutes tes civilisations à la fois comme exercice religieux mettant en valeur l'idée de pénitence et de purification. et comme méthode de soins et d'hygiène du corps.

Aujourd'hui, nous n'accordons pas au jeûne de vertu thérapeutique ou préventive, et la position des médecins oscille entre un rejet catégorique motivé par les dangers de cette pratique et un désintérêt pour cette méthode de traitement très éloignée d'une médecine moderne.

II nous semble intéressant de savoir si une telle attitude est fondée scientifiquement : réalité des dangers, absence de bénéfices thérapeutiques ?

C'est dans cet esprit que nous avions déjà réalisé en 19B3 l'observation d'un jeûne de 30 jours. Nous voulons ici, par l'étude d'un jeûne de 42 Jours approfondir ce travail et l'élargir à des domaines peu souvent abordés comme celui des métabolismes des vitamines et des oligo-éléments.

Après avoir rapidement évoqué l'aspect historique du jeûne et résumé le point de vue des naturopathes nous présentons le compte-rendu de notre observation. La confrontation de nos résultats aux données de la littérature nous permet enfin non pas de tirer des conclusions définitives, mais de préciser certaines des multiples questions qui restent à poser concernant l'approche médicale et scientifique du jeûne.

Michel Duverney-Guichard

L'éventualité d'un intérêt thérapeutique n'est pas reconnue par la médecine officielle qui ne voit dans le jeûne qu'un modèle expérimental pour l'étude des conséquences néfastes de la dénutrition.

Cette assimilation est critiquable pour des raisons qui nous paraissent évidentes, mais qui semblent, bizarrement ignorées de la majorité des expérimentateurs. II faut ainsi reconnaître l'existence d'à priori rédhibitoires qui se traduisent par des attitudes et des méthodologies dénaturant complètement la réalité du jeûne.

La lecture des protocoles des travaux scientifiques réalisés sur des «jeûneurs» est démonstrative de ce fait, par la régularité des supplémentations vitaminiques, des apports de minéraux, de bicarbonate de sodium, des quantités importantes de boissons acaloriques (thé, café autorisés) quand il ne s'agit pas de diurétique d'anorexigène, d'anxiolytique…

Pourquoi, en effet apporter des vitamines puisqu’aucune carence n'a été démontrée au cours d'un jeûne limité à une ou deux semaines ? Pourquoi prescrire des minéraux si l'équilibre hydro électrolytique est maintenu ? Pourquoi imposer un apport hydrique de 3 litres alors que les risques de déshydratation ou d'anurie ne sont pas démontrés ?

Comment dans ces conditions, prétendre étudier le jeûne puisque toutes ces interventions externes peuvent en bouleverser l'évolution?

Par exemple, si nous étudions l'excrétion azotée au cours d'un jeûne supplémenté en potassium, nous introduisons un facteur d'erreur puisque nous savons qu'une partie de 1'ammoniogénèse résulte d'un besoin d'équilibration du PH urinaire et de préservation des cations donc du Potassium.

Si nous étudions l'adaptation du métabolisme énergétique du cerveau au cours d'un jeûne avec apport de bicarbonate, nous négligeons le rôle joué par l'acidose dans le maintien d'un gradient hémato-encéphalique nécessaire à l'apport de nutriments au cerveau.

Comment admettre que l'ingestion de 3 litres d'eau par jour n'intervienne pas dans l'équilibre hydro-électrolytique et la perte rénale d'électrolyte ?

Ainsi, devons-nous admettre l'absence pratiquement totale de données scientifiques, en-dehors de l'étude du métabolisme énergétique et ce pour des périodes courtes concernant le jeûne en lui-même.

Tiré de : "Le jeûne : Approche médicale et scientifique" (Duverney-Guichard)


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Re: THÈSE de doctorat : Approche médicale et scientifique du jeûne (Duverney-Guichard)

Message  admin2 le Sam 30 Mar 2013 - 10:23

Examens effectués durant le jeûne de 42 jours supervisé par le docteur Michel Duverney-Guichard

Une partie de ces examens était effectuée à l'hôpital et les autres chez le patient jeûneur.



Dosages Sanguins :

Tube n° 1 :
 les oligo-éléments : Zinc, cuivre. fer. sélénium. manganèse.
 le magnésium
 Les protéines
 le Rétinol
 le Béta carotène.
 l'acide folique.

Tube n° 2 :
 le Béta hydroxybutyrate.
 le lactate.
 l'ammoniaque.
 Vitamine B2 et B5

Tube n° 3
 *zinc leucocytaire.

Tube n° 4
 zinc échangeable.
 électrolytes.
 glucose.
 urée.
 créatinine.
 acide urique.
 bilrubine,
 *phosphetase alcaline

Tube n° 5
Numération Formule Sanguine - Population lymphocytaire. 2) Urinaires :
 les oligo-éléments : zinc, cuivre. manganèse. fer,
 l'amylase.
 la méthyl histidine,
 la créatinine.
 l'urée.
 les électrolytes.

Les examens ont débuté cinq jours avant le jeûne (-5) pour se terminer cinq jours après le jeûne (47).



Dernière édition par admin2 le Sam 30 Mar 2013 - 10:50, édité 1 fois

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Re: THÈSE de doctorat : Approche médicale et scientifique du jeûne (Duverney-Guichard)

Message  admin2 le Sam 30 Mar 2013 - 10:44



1. Protocole 1.1. LE SUJET ET SES MOTIVATIONS

II s'agit d'un homme de 42 ans professeur de Yoga, dont le poids est de 66 Kilos et la taille de 171 cm. II a entrepris ce jeûne pour des motifs personnels : «Bataille d'une certaine qualité de la vie contre l'encombrement physique et mental. »

Il possède une expérience ancienne de la pratique du jeûne de langue durée en particulier un jeûne de 40 jours au cours de l'été 1982 et de 30 jours en septembre 1983.

Il s'est soumis bien sûr de façon volontaire à cette étude et avec un esprit curieux.

1.2 LE DÉROULEMENT DU JEÛNE - CONDITIONS MATÉRIELLES

La durée du jeûne a été de 42 jours. II s'agissait d'un jeûne complet avec apport hydrique libre (eau du robinet uniquement) sans supplémentation vitaminique ou minérale sans prescription médicamenteuse. Le jeûne s'est déroulé du 7 mai au 17 juin 1984 période durant laquelle les conditions climatiques ont été plutôt défavorables temps froid et pluvieux.

Le sujet vivait dans un camion aménagé installé dans un terrain de camping à Saint Martin d'Uriage.

L'activité physique du jeûneur fut réduite mais non stoppée ; il effectuait une promenade quotidienne d'une durée de 20 à 30 minutes. L'activité intellectuelle fut également restreinte, travail d'écriture (livre sur le Yoga) moins d'une heure par jour en moyenne.

Si les examens cliniques ainsi que les prises de sang ont été réalisés sur place les examens spécialisés ont nécessité le transport 2 fois par semaine au CHU de la Tronche, ce qui représente une dépense physique et psychique certaine (déplacements dans les couloirs de l'hôpital. ascenseur.).


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Re: THÈSE de doctorat : Approche médicale et scientifique du jeûne (Duverney-Guichard)

Message  Luc le Dim 31 Mar 2013 - 0:02

Résultats de quelques examens :

2.1.8. Électroencéphalogramme

- le tracé électro-encéphalographique après 24 jours de jeûne demeure normal avec un rythme de base stable (B.9 Hertz â J24. 9 Hertz à J-5)

- les épreuves de stimulation sont tout à fait comparables.

2.2. FONCTIONS SENSORIELLES ET INTELLECTUELLES

2.2.1. Examen ophtalmologique

L'examen ophtalmologique du sujet après 32 jours de jeûne n'a pas révélé de détérioration. Ainsi, l'acuité visuelle et l'émétropie, le tonus oculaire, l'examen du fond d'oeil, la perception des couleurs sont sans changement. L'étude du champ visuel retient un rétrécissement des isoptères très modéré avec le test à faible luminosité.

2.2.2. Audiométrie

Les courbes audiométriques réalisées à J24 sont tout à fait superposables à celles réalisées antérieurement.

2.2.3. Étude neuro psychologique

L'analyse des différents tests et épreuves pratiqués n'a pas montré de modification des performances au cours des 3 premiers examens. Par contre, à partir de la 4e semaine, on note une détérioration avec un abaissement des rendements à toutes les épreuves. Ceci n'est pas dû à une diminution des capacités intellectuelles, mais à une baisse de l'efficience liée à un ralentissement général.


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Re: THÈSE de doctorat : Approche médicale et scientifique du jeûne (Duverney-Guichard)

Message  admin2 le Mar 2 Avr 2013 - 22:53

Quelques tableaux montrant l'évolution du jeûne de 42 jours supervisé par le docteur Duverney-Guichard :

On peut noter que les taux sériques (sang) de divers minéraux, oligo-éléments et vitamines sont pour ainsi dire toujours dans les normales, même à la 32e journée de jeûne.

Les examens ont été effectués cinq jour (-5) avant le jeûne et jusqu'à cinq jours après le fin du jeûne (42) au jour (47) pour certains paramètres

Na (sodium), K (potassium), Cl (chlorure), Ca (calcium), P (phosphore) Mg (magnésium),
Acide folique, vitamines B6, B2, Béta carotène, Fer, Ferritine, Transférine ... etc. ...











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Re: THÈSE de doctorat : Approche médicale et scientifique du jeûne (Duverney-Guichard)

Message  admin2 le Ven 5 Avr 2013 - 1:31

On sait, selon ce qu'écrit le docteur Jean-Pierre Willem, qu'en période de jeûne ou en restriction alimentaire sévère, le sang s'acidifie et agit favorablement pour combattre les cellules cancéreuses ou mutées. Ces dires sont fondés sur des études effectuées par des chercheurs tel le docteur André Gernez. http://jeune-et-sante.forumcanada.org/t23-protocole-contre-le-cancer-restriction-alimentaire-dr-gernez

Pendant longtemps, l'acidification était l'argument principal des opposants au jeûne pour le dénoncer, disant que l'organisme était en danger à cause de cette acidification du sang ou acidocétose. En fait, ce phénomène est temporaire et, suite au jeûne, tout entre dans l'ordre, avec les bénéfices obtenus par cette acidification.

Voici d'ailleurs ce qu'on peut lire un peu partout concernant la cétose

Cétose

La cétose est un état du métabolisme humain provoqué par les régimes faibles en glucides.
Cet état métabolique est caractérisé par la production de corps cétoniques par le foie et leur utilisation comme source d'énergie, à la place du glucose, par les principaux organes.
Les utilisateurs et les prescripteurs de ces régimes faibles en glucides prétendent que la méthode est plus efficaces que les traditionnelles diètes hypocaloriques en précisant que le poids perdu est beaucoup plus de la masse graisseuse (graisses) que de la masse maigre (muscles). Cette affirmation est basée sur le fait que les organes vont puiser l'énergie dont ils ont besoin parmi les corps cétoniques et que ces corps cétoniques sont synthétisés à partir d'acides gras, ils sont puisés dans la masse graisseuse, dans le tissu adipeux.
Dans certains cas, l'état de cétose peut provoquer celui, dangereux, d'acidocétose qui déséquilibre le pH sanguin. Cet état est critique et dangereux ...

Pourtant, contrairement à ce qui est écrit précédemment, ce phénomène n'est pas anormal. Dans sa thèse le docteur Duverney-Guichard écrit :

1.1.4.3. Phase de cétose

Si la production de corps cétonique est maximale en 3 jours de jeûne, le niveau sanguin continue de s’élever progressivement jusqu’à la fin de la 2e semaine quand un plateau est atteint. Cette élévation progressive est surtout fonction de la diminution du métabolisme des corps cétoniques par le muscle comme le jeûne se poursuit.

Ainsi, les corps cétoniques sont vers le 3e ou 4e jour à un niveau de 1 à 2 mmol/l et peuvent atteindre 6 à 10 mmol/l vers la 2e semaine. La limitation de la consommation périphérique des corps cétonique est donc un mécanisme d’adaptation pour assurer le maintien des apports nutritifs au cerveau qui utilisant alors de façon préférentielle les corps cétoniques diminue ses besoins en glucose donc la néoglucogenèse et la mobilisation des protéines musculaires.

Plus loin il ajoute :

Concernant le cerveau, l'acidose est indispensable pour maintenir un gradient hémato méningé et permettre l'utilisation des corps cétoniques et pourrait être responsable de la diminution de la sensation de faim voire de la survenue d'une certaine euphorie.



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Re: THÈSE de doctorat : Approche médicale et scientifique du jeûne (Duverney-Guichard)

Message  admin2 le Sam 6 Avr 2013 - 18:16

En lisant cette thèse, on se rend compte que ce qu'écrivait le docteur Shelton, dans les années 30 et 40 au siècle dernier, semble se confirmer scientifiquement.

On sait que Shelton préconisait le jeûne intégral à l'eau, rien de plus. Il écrivait même que le jeûneur ne devait pas ajouter de jus de citron à son eau pour en améliorer le goût car se faisant, disait-il, affectait l'autolyse.

Il est intéressant de lire ce que le docteur Duverney-Guichard écrit à ce propos :

1.1.6.4. Dans le cadre de la physiologie du jeûne, un rôle central est dévolu aux mécanismes d'adaptation à la dénutrition énergétique

Il faut souligner l'intrication des différents problèmes soulevés.

Ainsi, la mobilisation des protéines en particulier musculaires, pour la néoglucogénèse entraine une diminution des dépenses énergétiques. Elle permet peut-être la libération d'acides aminés, d'oligo-éléments, de vitamines de minéraux indispensables au reste de l'organisme. On peut de ce fait concevoir qu'une intervention extérieure par exemple par un apport d'une quantité minime de glucose, puisse bouleverser tous ces processus complexe d'adaptation. II suffit de 4 g de glucose par heure pour supprimer la néoglucogénèse d'origine protidique (113), c'est à dire moins de 2 litres de glucosé isotonique par 24 heures.

En pratique, lorsqu'un jeûneur a de la difficulté à endurer certaines poussées d'autolyse trop importantes, on lui donne à boire un peu de jus de fruit, ce qui stoppe prequ'instantannément le processus de l'autolyse et les douleurs du jeûneur. Ceci semble affecter également 'le processus complexe d'adaptation' au changement de carburant en cours de jeûne écrit Duverney-Guichard.


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