Les opposants au jeûne

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Les opposants au jeûne

Message  onway le Lun 26 Mai 2014 - 5:21

Bonjour

J'en suis à mon 3e jour de jeune après avoir, pendant une quinzaine de jour, pratiqué un jeune intermittent, avec 18 ou parfois 24 heures d'abstinence. J'ai consulté beaucoup d'articles , de vidéos. J'ai sur ma table de chevet le livre de Désiré Merien. Je ne suis donc pas un "refractaire". Le jeûne est ma dernière cartouche pour tenter de retrouver un peu de "goût" à la vie, vie où je me sens perdu et enfermé depuis quasi toujours, sans but, sans joie, sans perspective, sans plaisir, avec un sentiment d'absurdité prononcé, ne trouvant aucun réconfort dans la relation avec "les autres", et avec un cerveau qui ne sait apparemment traiter que les informations négatives en boucle (merci les parents aussi...) Mes essais avec les médicaments et diverses thérapies ont échoué (20 ans d'efforts). Je n'ai plus rien à perdre...

Il m'apparait cependant important de faire connaitre les positions "anti", leurs arguments, et de leur consacrer une rubrique. Peut-être d'y répondre pour rassurer ceux qui, comme moi, seraient tombé dessus sur Internet ?

Deux textes m'ont particulièrement marqué.

• Un article du Figaro par Jean-Marie Bourre, membre de l'Académie nationale de médecine (France)
• Le texte de Charlatans.info

Je les poste ci-dessous, à titre d'information.

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[b Peut-on jeûner sans risque pour la santé ?[/b]
Par  Jean-Marie Bourre - le 23/10/2013

AVIS D'EXPERT - Se priver de manger à des fins thérapeutiques est à la mode, mais le Pr Jean-Marie Bourre, membre de l'Académie nationale de médecine, met en garde contre cette pratique qui peut affaiblir l'organisme.

L'organisme n'est pas fait pour jeûner, et c'est le mettre en danger que de lui imposer un régime contre nature. Le fonctionnement de l'organisme est réglé par plusieurs horloges biologiques, situées dans divers organes, mais c'est l'horloge du cerveau, véritable chef d'orchestre, qui les contrôle toutes, par le biais de la rétine, en fonction de la luminosité. L'alternance jour et nuit régule ainsi les mécanismes de faim et de satiété, d'où la nécessité chronobiologique de prise de repas au moins trois par jour, à des horaires relativement précis.

Ainsi, par exemple, si les organes ne sont pas approvisionnés, le cerveau en particulier, l'organisme, faute de protéines alimentaires, puise dans les «réserves».Or les protéines musculaires sont les premières à être utilisées par le corps en cas de diète protéi­nique, et les utiliser ne peut qu'affaiblir l'organisme. C'est dangereux pour le cœur, surtout si ce muscle est déjà fragile. Facteur aggravant, en l'absence de sucres alimentaires, le foie se met à fabriquer du glucose à partir d'acides aminés, issus de protéines. Un autre effet pervers du jeûne porte sur cer­taines vitamines, solubles dans l'eau, ne pouvant donc pas être stockées. Ainsi, on élimine dans les urines la vitamine C et celles du groupe B au quotidien ; leur manque, à la différence des vitamines dissoutes dans les graisses (A, D, E, K), ne peut pas être compensé par une quelconque réserve.

Idées fausses et vrais risques
En aucun cas le jeûne ne nettoie l'organisme. Alléger le travail de «digestion» des organes est une erreur. Au contraire, le manque de nutriments les fatigue et altère plus ou moins subtilement leur fonctionnement. La réponse au «trop» alimentaire n'est en aucun cas le «rien». Cette idée vient d'une époque où la classe dominante, qui réglait la vie sociale, «bénéficiait» d'embonpoint ; il était donc judicieux de proposer des restrictions alimentaires de temps en temps. Le jeûne hydrique est, lui aussi, une illusion dangereuse. En effet, il est facile de perdre un peu d'eau, ce qui donne l'illusion de perdre du poids. Mais c'est au risque de fragiliser le fonctionnement des organes essentiels comme le cœur, du fait de la diminution du volume sanguin, et le cerveau, qui a besoin d'eau pour assurer ses fonctions cognitives.

Le seul jeûne physiologique acceptable est celui de la nuit de sommeil, entre six et huit heures. Au-delà, il y a prélèvement sur les réserves, et donc obligatoirement affaiblissement de l'organisme. Dès lors, toutes les allégations tendant à faire du jeûne un régime de prévention, voire même de traitement, sont nulles et non avenues…

Le jeûne ne soulage pas la poly­arthrite rhumatoïde, ce que d'ailleurs aucune alimentation particulière ne peut faire, hélas! Tout régime d'exclusion, quel qu'il soit, ne peut que l'aggraver, au contraire. Jeûner n'aide pas à contrôler l'hypertension. En revanche, une bonne alimentation, appauvrie en sel, et surtout associée à une bonne hygiène de vie, peut agir. Non seulement le jeûne n'apaise pas les maladies inflammatoires de l'intestin, mais il pénalise ces organes qui ont précisément le plus besoin de nutriments, en quantité énorme, donc des aliments qui les contiennent, pour assurer leur pérennité, leur structure et leur fonction, dans la mesure où leur renouvellement est très rapide puisque nous «changeons» d'intestin tous les huit jours…

S'affamer pour affamer les cellules tumorales et ainsi freiner la propagation du cancer est un contresens. C'est l'inverse qui se produit: le jeûne rend l'organisme moins résistant face aux cellules cancéreuses, justement particulièrement voraces. C'est d'ailleurs pourquoi certains cancers sont accompagnés d'amaigrissement important, mettant par lui-même la vie du patient en jeu. Il est alors au contraire indispensable de «surnourrir» le malade.

Euphorie trompeuse
Qui plus est, les cancers provoquent un dysfonctionnement des horloges biologiques. Des repas pris régulièrement et à heures fixes aident à rétablir celles-ci et donc à lutter contre la maladie. Le jeûne ne saurait non plus décupler les effets de la chimiothérapie puisque la chrono-pharmacologie nous apprend que ce qui compte, c'est l'ajustement de la prise des médicaments en fonction justement du moment de la journée, et donc de l'heure des repas…

Certaines «cures» proposées, sous prétexte de surfer sur la mode du jeûne, sont en réalité des régimes prétendument encadrés, dont on assure que, d'une durée de trois semaines maximum, ils ne sont pas dangereux pour la santé… Attention! Le jeûne n'est pas la réduction des glucides, lipides et protéines, mais leur suppression, ce qui est incompatible avec le fonctionnement le plus élémentaire de l'organisme. La plupart des régimes amaigrissants entraînent de fait une reprise de poids dès qu'on les arrête ; pire: les protéines musculaires perdues sont remplacées par du tissu adipeux ou du collagène… On augmente ainsi la masse grasse au détriment de la masse maigre la plus noble, et c'est irrémédiable.

Il faut aussi savoir qu'en cas de réduction calorique alimentaire importante, il est indispensable de prendre des compléments alimentaires pour apporter toutes les vitamines, tous les minéraux et oligo-éléments, et que cela doit être fait de manière équilibrée, obligatoirement sous contrôle médical.
Le jeûne est souvent présenté comme un moyen d'accéder à une clarté d'esprit et à un «désencombrement mental»… Ne vous laissez surtout pas prendre à cette «euphorie» artificielle des premiers jours de jeûne! Elle est tout simplement due à la fabrication par l'organisme de substances énergétiques de substitution, les corps cétoniques, qui donnent en outre, bien souvent, une mauvaise haleine.

*Auteur de «La Chrono-diététique», éd. Odile Jacob

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/10/23/21433-peut-on-jeuner-sans-risque-pour-sante

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Autre texte publié par Charlatans.info

La (vieille) théorie de la détoxication

Le jeûne

L'idée selon laquelle le jeûne peut nettoyer le corps de ses toxines est vieux de milliers d'années. Les détoxifiants, ou désintoxiquants, modernes défendent rarement l'idée d'un jeûne total (sans nourriture ni boisson) pour quelque durée qui soit, car cela pourrait rapidement devenir nocif. La plupart recommandent de boire de l'eau ou des jus de fruits, ou bien encore de s'adonner à un régime uniquement à base de fruits et légumes, jus et thés, ceci afin d'optimiser tout passage sur la cuvette pour se vider un maximum, et par la même occasion expulser les méchantes toxines dans les tréfonds des égouts. Le jeûne peut durer plusieurs jours ou plusieurs semaines, bien que les professionnels de la santé affirment qu'un régime à long terme (plus de quelques jours) peut être dangereux, le corps pouvant commencer à "se grignoter lui-même". Cela ne retient pas certains fanatiques qui vont jusqu'à affirmer que jeûner est bon pour les personnes ayant des problèmes de reins, des troubles hépatiques, pour les femmes enceintes voire même pour les nourrissons !

Les partisans du jeûne affirment que jeûner permet au corps, et plus particulièrement au foie, de se "reposer", ces derniers travestissant les fonctions du foie pour en faire un réceptacle de substances toxiques absorbées et déposées là par l'alimentation, accentuant leur messe sur le "nettoyage" des stocks de toxines qui y seraient emmagasinées et pouvant être causes de maladies. Malheureusement, le corps ne fait aucune différence entre "jeûner" et "être affamé". Contrairement à ce qui est enseigné par ces nettoyeurs, le corps n'est jamais au repos pendant un jeûne, mais travaille fébrilement et continuellement afin de prévenir de la famine et de la mort. Le foie est tout spécialement mis à contribution pendant un jeûne, convertissant les graisses en énergie pour l'utilisation du corps. Pendant un long jeûne, le foie fait même des heures supplémentaires pour redistribuer les sous-produits nocifs provenant des muscles et des tissus, afin de faire face au besoin du corps en protéines.

Le jeune contre les toxines ?
Selon certains, "le jeune augmente le processus d'élimination et de libération des toxines du colon, des reins et de la vessie, des poumons, des sinus et de la peau". Ce "déchargement" toxique est supposé être si puissant qu'il pourrait guérir et prévenir de la maladie, aussi bien que ralentir le processus du vieillissement. Certaines conditions seraient des signaux annonciateurs pour signaler la nécessité pour le corps d'un jeûne détoxiquant : des migraines fréquentes, des maladies des artères coronaires, les diabètes et la maladie mentale. Ironiquement, jeûner peut en réalité ne faire qu'exacerber ou être à la source de tels problèmes de santé. Jeûner a souvent pour résultat des maux de têtes ou une dépression, des problèmes cardiaques peuvent survenir, et la régulation glycémique chez les diabétiques sera d'autant plus difficile ou impossible, voire mortelle, dans de telles conditions de privation.

D'autres charlatans vont même plus loin, en déclarant que jeûner peut prévenir certaines maladies telles que le cancer, en nettoyant le corps de ses poisons avant que ceux-ci n'aient eu le temps et l'occasion de l'endommager. Bien entendu, ces affirmations ne se fondent sur aucune base scientifique ni médicale, et ne sont que des voeux pieux de naturopathes en mal d'ennemis désignés à abattre. Les toxines feront l'affaire en tant que bouc émissaire tout désigné.

Les personnes qui jeûnent régulièrement font souvent l'expérience d'une certaine irritabilité, ont des nausées, sont fatiguées, ont des maux de tête et des étourdissements. D'autres font des cauchemars, ont une faible tension et des vomissements. Les avocats de la détoxication déclarent que ces symptômes négatifs sont le signe que les poisons évacuent le sang. En fait, les causes réelles de ces symptômes sont bien connues. Les étourdissements par exemple, sont causés par une chute de tension sanguine dans le cerveau, les nausées peuvent être causées par des changements hormonaux dus à la faim entretenue par le jeûne.

Enfin, si les partisans effrénés du jeûne en parlent comme d'un moyen pour avoir les idées plus claires, apportant une disposition émotionnelle et un état mental supérieurs, des études ont révélé au contraire que les capacités cognitives diminuaient pendant une période de jeûne.

http://www.charlatans.info/detoxication.shtml

onway

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Re: Les opposants au jeûne

Message  Luc le Lun 26 Mai 2014 - 9:40

Bienvenue sur le forum et bravo pour ce jeûne entrepris!

Puisque le jeûne agit globalement sur l'organisme, il joue sur le physique et le psychisme, tous les espoirs sont donc permis.

Tant qu'aux arguments apportés par les opposants au jeûne, ils sont contredits par d'autres spécialistes en médecine qui, contrairement à eux, ont étudié le jeûne en profondeur.  D'ailleurs, la thèse de doctorat du médecin Michel Duverney-Guichard montre clairement que le jeûne n'est nullement dangereux et que l'organisme en jeûne ne manque de rien.
http://jeune-et-sante.forumcanada.org/t430-these-de-doctorat-approche-medicale-et-scientifique-du-jeune-duverney-guichard
http://jeune-et-sante.forumcanada.org/t504-these-de-m-duverney-guichard-conclusion-et-bibliographie

Nous avons déjà lu les citations que tu apportes et un forum traite de ces arguments :
http://jeune-et-sante.forumcanada.org/t158-arguments-souleves-contre-le-jeune-comment-repondre

Dans la nature, tous les animaux jeûnent à certaines périodes de leur vie, que ce soit instinctivement ou accidentellement.

Si tu as des interrogations, n'hésite pas à nous en faire part.

Bonne continuité et au plaisir de te lire!

Luc
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