Jeûne et cancer : témoignage de Jean-Claude Gruau

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Jeûne et cancer : témoignage de Jean-Claude Gruau

Message  Admin le Mer 30 Mai 2012 - 5:07

Voici le récit d'un homme que je considère comme honnête. Il raconte simplement ce qui lui est arrivé.
La raison d'exister de ce forum, noyé parmi d'autres, est de recueillir l'expérience de jeûneurs quelles que soient leurs motivations.
Avant de lui laisser la parole, je précise que la version originale du texte se trouve ici :
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J'ai digéré mon cancer et appris à vivre
Prendre confiance dans nos capacités d'auto-guérison

Voici le texte d’une conférence donnée à Tours il y a environ 10 ans...

"Le terrain est tout" a dit Pasteur sur son lit de mort. Effectivement, je pense que des milliards de microbes, virus et autres saletés nous assiègent, mais ils sont impuissants dans un organisme qui sait se défendre.

Comme tout le monde, je confiais autrefois mes maladies au docteur. Je voyais la maladie comme la saleté sur une assiette : il y a moi, assimilé, vous l’avez compris à l’assiette immaculée et d’autre part, la saleté venue de l’extérieur ; cette saleté est traitée par un spécialiste en vaisselle, avec le remède "Paic Citron" à large spectre d’action

Je confiais mon corps à la Médecine comme ma voiture au garagiste, jusqu’au moment où j ‘ai eu la certitude que " LE CORPS SAIT MIEUX QUE QUICONQUE COMMENT SE DÉFENDRE "

J’ai eu la chance d’avoir deux maladies officiellement graves qui m’ont acculé à réfléchir.

Le 3 septembre 1980, je consulte un urologue car la surface théoriquement arrosable par un homme debout, qui fonde la supériorité de l’homme sur la femme depuis des millénaires, tend vers zéro. J’apprends alors l’existence dans ma vessie d’un petit polype endormi ; un an plus tard, réveil en fanfare, petit polype avait grandi et un beau jour, sur un sentier de grande randonnée, j’ai une miction rouge : LA RÉALITÉ S’IMPOSE, j’urine du sang au sens propre (disons ici au sens exact)

Je me précipite ventre à terre chez mon urologue et là, mon vocabulaire s’enrichit des mots " hématuries " et " reséquer ". Reséquer ne veut pas dire "séquer" à nouveau, mais abraser une tumeur de la vessie (d’après Larousse).

Plus généralement, reséquer veut dire couper une partie malsaine d’un organe pour rétablir la continuité des parties saines. Je comprends maintenant l’inquisiteur du moyen–âge : il brûlait vif son patient de façon à rétablir la continuité de son corps malsain avec l’âme supposée saine. L’inquisiteur est historiquement le premier "reséqueur". Cher auditeur, quand vous enlevez un petit coin pourri dans une poire, vous reséquez sans le savoir.
En octobre 1981, mon chirurgien resèque donc ; il m’électrocoagule une immense tumeur qui avait débordé, me dit-il je n’ai pas trop compris de quelle façon. Il en profite pour faire un prélèvement qu’il va envoyer au laboratoire Origet pour analyse.

Le laboratoire précise que j’ai une tumeur maligne baptisée "carcinome" en latin médical, carcinome vésical (c’est-à-dire de la vessie) à cellules transitionnelles, type papillaire, Grade 2. D’après ce que j’ai compris cet adjectif transitionnel est ce qui différencie les cellules d’une tumeur bénigne de celles d’une tumeur cancéreuse. Toutes ces précisions, j’y ai réfléchi beaucoup plus tard. À l’époque je m’en souciais comme d’une guigne, car je n’avais pas éprouvé le besoin de chercher dans le dictionnaire le sens du mot "carcinome" ; si j’avais cherché à l’époque et vu que "carcinome" désigne une tumeur cancéreuse, cela m’aurait fait un petit choc.

J’avais été quand même un peu alerté quelques temps plus tard : avant de m’opérer, on m’envoie me faire irradier à Bretonneau (un des hôpitaux de Tours), pour "ne pas qu’il y ait de dissémination" m’a-t-on précisé. Le Français moyen, classe à laquelle j’ai l’honneur d’appartenir, sait que "lorsqu’on fait des rayons" c’est qu’il y a du cancer là-dessous. Mon urologue (Docteur Besancenez) me parlait d’un énorme polype, cela ne me fait ni chaud ni froid : qui n’a pas son polype de nos jours ? J’ai appris depuis que lorsque la tumeur envahit complètement la vessie et surtout commence à s’infiltrer, il est trop tard : il faut enlever la vessie complètement, sinon les métastases ne sont plus contrôlables. Quelques années plus tard, j’arriverai à ce stade critique, et il faudra bien alors me donner des motifs autres que la présence d’un inoffensif polype pour justifier de me faire enlever toute la vessie !

En attendant j’ai un premier aperçu de la spécialisation en matière médicale, car après cette opération j’avais des mictions extrêmement douloureuses (je pissais des lames de rasoir diraient les sauvageons) : je demandais donc à mon urologue comment soigner cela, mais ce dernier me renvoya à mon médecin de famille, la douleur, je présume, n’étant pas resécable.

Cela me rappelle un humoriste qui remarque qu’un bon spécialiste connaît énormément de choses sur un domaine très pointu, donc à la limite, le meilleur spécialiste connaît absolument tout sur exactement rien. Mon chirurgien est un excellent chirurgien (Il n’est pas professeur à la faculté parce qu’il n’a pas voulu m’a confié un professeur de la faculté), mais c’est un homme pressé. : il n’a pas eu le temps de lire un livre manuscrit où je conte ma guérison, ce qui est normal puisqu’il s’occupe des malades, et non des bien portant.

En résumé, quand on a un cancer ou que votre conjoint vous trompe, on est généralement le dernier averti, et enfin, si vous voyez des mots latins dans un compte-rendu médical, consultez le Grand Larousse, ou un professeur de latin : l’abracadabrantesque cache souvent des vérités redoutables... Mais il se peut que vous teniez à rester dans le flou, ce qui est beaucoup plus fréquent qu’on ne le croit. Alors là, pas de problèmes, il vous suffira de vous laisser bercer par un jargon gréco-latin entremêlé de quelques néologismes à l’usage des avertis. (Ainsi des années plus tard, Michel Dagon dont je parlerai dans une 2° conférence, est "suspect de néoplasie profonde". Si vous êtes néoplasique mes chers amis, vous avez un cancer...)

Un mois après, mon réséqueur me dit qu’il reste un bout de tumeur, qui, soit aurait été oublié la première fois, vu l’énorme tumeur qui existait, soit aurait repoussé. On résèque donc à nouveau, ; mais peu de temps après (un ou deux mois) encore un bout de tumeur !
Le chirurgien m’explique tranquillement qu’il va m’enlever un bout de vessie. Là, je commence à réagir : tant que la médecine s’administre sous forme de pilules et de mots gréco-latins, je suis soumis comme un petit chien, aucune objection non plus à ces "resécages" qui demandent quand même une anesthésie totale ; mais là il s’agit de me séparer définitivement d’une partie de mon précieux corps, fut-ce un millimètre carré de vessie, je me sens devenir conservateur.

Or, chance ! Le propre frère de ma femme est urologue (mais il est à Marseille). Il est admis premier au concours de l’internat de Marseille, ce qui lui a valu d’être choisi par l’équipe du célèbre Commandant Cousteau. Grâce à lui, je vais avoir accès à l’un des deux plus grands "pontes" de l’urologie en France, l’ancien professeur de mon beau-frère, le Professeur Kuss, Hôpital de la Pitié Salpêtrière.

Au lieu de couper, le professeur Kuss va "étinceler" ce morceau de tumeur rétif. À Paris on étincelle, et en province on électrocoagule, ce qui est exactement la même chose mais avec plus de panache : (Paris sera toujours Paris). Je me dis qu’étincelé par un professeur étincelant, la tumeur va disparaître, volatilisée par le prestigieux professeur !

Deux mois plus tard, nullement intimidée par le prestige parisien, la tumeur avait repoussé ; toutefois le professeur, au lieu de m’examiner avec son appareil (une sorte de loupe que l’on introduit in situ), me demande poliment d’uriner dans un verre, regarde la belle couleur de mes productions aqueuses et me félicite en empochant 400 francs. Ne voyant rien de rouge dans ces productions, je suppose qu’il en a déduit que rien ne repoussait : qu’il n’y avait pas de récidive comme on dit au pays des urologues !

Je reviens à Tours allégé mais content ; hélas, pas pour longtemps. Des accès de fièvre me prennent ; je reviens à Paris en ambulance, les étincelles avaient fait long feu ! Le Professeur Kuss conclut comme le Docteur Besancenez de Tours : Il faut couper l’endroit où cette tumeur pousse, repousse et "rerepousse". (Avoir attendu m’aura coûté la moitié de mon rein gauche, en effet ce rein était totalement bloqué quand je suis revenu à Paris par la tumeur qui obstruait le canal de l’uretère faisant communiquer rein et vessie). Le mieux est l’ennemi du bien, non seulement on va m’enlever quelques centimètres carrés de vessie mais j’aurai perdu un demi-rein de ne pas avoir fait confiance au Docteur Besancenez que je n’ai jamais vu contrôler par un coup d’œil sur un verre une récidive possible.

Ces séjours en hôpital parisien sont très instructifs : on est d’abord patient par définition, puis par nécessité ; il ne reste plus qu’à le devenir par choix, ce qui est le début de la Sagesse.

On est environné de blouses blanches. Sous ces blouses vous avez du 4° année ou de l’interne, du véritable docteur, voire du professeur, enfin le Professeur Kuss lui-même dans une blouse toute raide. Le nombre de phrases qui sortent en haut de la blouse est inversement proportionnel à la position hiérarchique de la blouse. Il y a surtout un flot de blouses très efficaces : les infirmières en général très sympathiques.

Rentré chez moi, me revoilà chez mon urologue de Tours ; il va effectivement faire ce qu’il préconisait, à savoir enlever le petit bout de vessie avariée où la tumeur avait solidement pris racine... travail qu’il fera remarquablement, et il devra réimplanter l’uretère, vu que le morceau enlevé était justement à la jonction uretère–vessie.

Néanmoins, me faire couper en petits morceaux même par un spécialiste confirmé ne me sourit nullement et je prends la décision de garder ma vessie (du moins le morceau qui reste) quoiqu’il arrive : on doit mourir un jour, c’est en tout cas une rumeur persistante, et tant qu’à faire autant mourir entier.

J’en arrive donc au stade moral du "foutu pour foutu" : c’est un état béni, car ainsi acculé, je me décide à agir pour de bon : sinon, à l’instar de Monsieur-tout-le-monde, ma tendance naturelle est de reproduire le comportement des moutons de Panurge sans en changer un iota... Vous savez tous ce qu’il advint à ces moutons imitateurs : un mouton tombe à la mer et aussitôt chaque mouton se dépêche d’en faire autant. Chaque mouton bouscule les autres pour sauter plus vite. Chaque mouton est rempli de la terreur qu’il n’y ait pas assez de place pour son saut à lui. L’urgence absolue est de faire comme le voisin, et pour cela un seul remède : la vitesse, "vite, vite, Msieur-Dame il n’y en aura pas pour tout le monde" proclament tous les publicistes, ouvrez vite, achetez vite dépêchons-nous. Schnell, fissa, rapido !

Le chirurgien a prévenu mon épouse dès la première opération, mon carcinome se terminera dans une dizaine d’années au maximum par l’ablation de la vessie, vu la tumeur spécialement maligne dont je suis affublé. Il n’est pas du tout, lui, partisan de la vitesse, il parle avec ses 25 ans d’expérience tumorale comme il me dira plus tard, il énonce un jugement précis, scientifique, statistique, que ma femme ne me redira que beaucoup plus tard. De fait, si j’ai 10 ans de vessie devant moi pourquoi m’alerter maintenant ? J’ai eu de la chance d’avoir senti que j’étais engagé dans un processus inéluctable de disparition de ma vessie

Je suis prêt à toute médecine parallèle ou perpendiculaire pour guérir. J’essaie la "macrobiotique". J’avais assisté à Tours à une conférence de Madame Rivière, grande prêtresse de la chose. Je ne vais pas vous faire tout un cours sur la macrobiotique, des personnes plus qualifiées que moi ont écrit là-dessus. En bref, cette dame me recommande un régime de divers ingrédients, généralement japonais, en quantités assez floues mais très petites (surtout pour moi qui suis gros mangeur), avec, de plus, la recommandation de boire le minimum.

J’ai tenu ce régime trois jours ! Au bout de ces trois jours je suis "sur les genoux" et j’ai des difficultés même pour monter un escalier… J’arrête donc en me disant que si un régime alimentaire suffisait à guérir d’un cancer, cela se saurait. Mon beau-frère urologue (sorti mage de sa promotion) n’a jamais entendu parler de cela et surtout de cette façon là dans toute sa carrière et je suppose que vous non plus qui êtes ici ce soir. C’est du reste pour ce motif que je fais cette conférence.

Deux mois après je rencontre Monsieur Fujisaki (qui enseigne alors le yoga à mon fils) ; c’est justement lui qui a fait venir Madame Rivière à Tours donner une conférence sur la macrobiotique. Je lui explique que j’ai suivi trois jours en tout et pour tout, ce régime dit numéro 7 (pour les gens très malades). Mais, s’exclame-t-il, des gens se sont guéris ainsi et il me donne un témoignage écrit par un docteur américain Satilaro : "Rappelé à la vie" - livre édité chez Calman Lévy.

Ce livre m’a convaincu et après avoir enterré ma vie de carnivore tourangeau dans un mémorable gueuleton pour les 40 ans d’un collègue, à nous le riz complet, les algues, le millet, l’avoine, le gruau (céréale dont je retiens facilement le nom)... Je dis "nous" car ma femme va tenir le même régime que moi, par solidarité.

Au bout de trois jours je suis encore "sur les genoux ", mais elle, non... c’est déjà un premier résultat significatif, alors que je suis beaucoup plus résistant que mon épouse (par exemple, je peux faire jusqu’à 300 Km de vélo dans la même journée, elle se déclare fatiguée après seulement une centaine de km) Mais pour la macrobiotique, elle tient le coup. Je continue donc le régime numéro 7.

Je vais fondre comme neige au soleil : de 78 à 80 kg je vais arriver aux environs de 60 en quelques mois, et la tumeur pendant ce temps ? En octobre 1987, il y en a toujours une mais qui s’est stabilisée. Or avant ce régime, il y en avait plusieurs qui repoussaient entre deux résections.

Pendant presque un an, cette tumeur va m’accompagner. Au début, mon urologue m’examine tous les deux mois environ, en octobre, décembre 1987, puis février 1988 : il n’y a toujours qu’une tumeur. À la fin je n’irai plus le voir, car pour un urologue, toute tumeur déclarée doit être réséquée sur le champ. Or, je ne veux plus du tout être endormi, électrocoagulé, ni "chirurgiqué" d’aucune façon. Je veux justement réveiller toutes les facultés de défense de mon corps.

Cette année 1987-1988 va être très agréable. Je fais officiellement un régime, mais en fait je m’empiffre copieusement de céréales, céréales que j’ai appris à cuisiner et à apprécier. Je ne mange plus ni beurre, ni lait, ni sucre, ni fruits (ce qui est plus embêtant) et bien entendu pas de viande ni fromages. Cela paraît, vu de loin, comme une grande performance, alors qu’il n’en est rien : on s’habitue très vite... En tout cas, j’ai eu la chance de m’habituer très vite. J’ai ainsi l’auréole d’un "dur du régime" alors que je n’en ai aucun des inconvénients puisque je mange à satiété des mets qui me plaisent. Je me souviens d’un sarrasin avec un peu de Tamari que je déguste comme du rôti d’agneau (pour le plaisir car il n’y a pas de ressemblance...)

Mon premier succès va être tout à fait inattendu. Je vous ai dit que j’avais deux maladies, outre ce carcinome j’avais une recto-colite hémorragique – maladie qui se traduit par des crises où lorsque vous allez à la selle. Vous vous videz en même temps de votre sang et de saloperies effroyables d’aspect : seule la cortisone à haute dose, sous forme de betnésol arrête ce genre de poussées. La médecine ne sait actuellement pas d’où vient cette maladie. En tout cas, cela faisait plus de vingt ans que je la traînais : au départ cela se traduit par des saignements inoffensifs mais quotidiens, pour déboucher au bout de quelques années sur des crises de plus en plus fréquentes, une ou deux par an.

J’ai justement eu un début de poussée en commençant la macrobiotique. Je n’ai pris que très peu de betnésol puis plus rien. Depuis 5ans (donc 15 ans maintenant en 2002), je n’ai eu aucune crise : je ne m’y attendais pas du tout. J’avais même eu un entretien avec un professeur gastro-entérologue du CHR de Tours qui m’avait déconseillé ce régime. En effet, je lui avais dit qu’il était hors de question que je prenne 6 comprimés de salazopirine par jour (remède préventif spécifique de cette maladie), car mon régime recommandait le minimum de boissons et de médicaments. Je ne voulais pas passer ma journée à boire des cachets. Cette guérison n’a donc rien à voir avec le jeûne que je ferai plus tard, c’est un succès dû entièrement à la macrobiotique.

Je note en passant que ma femme qui avait un eczéma depuis 20 ans, a vu disparaître cet eczéma en trois mois de macrobiotique... là encore, surprise totale. Christine ne faisait ce régime que pour m’accompagner, et pas du tout pour se guérir de quoi que ce soit ! Je précise aussi que ma femme qui était enrhumée chaque hiver que Dieu fait n’a plus jamais de rhumes. Toutes ces petites retombées améliorent quand même la vie...

Je suis donc à l’époque dans l’euphorie totale. En résumé, au bout d’un an de régime, le carcinome est certes toujours là, mais il a le bon goût de ne pas proliférer. Je n’ai plus aucune crise de rectocolite, ma femme a de nombreuses améliorations de santé totalement imprévues ; la seule privation réelle pour moi est la suppression des desserts car pour moi, le droit au dessert devrait être inscrit dans la Charte des droits de l’homme.

Je m’habitue fort bien à cette tumeur, comme les gens qui habitent près de l’Etna, une éventuelle éruption du volcan ne les empêche pas de dormir et heureusement, sinon savoir par exemple que nous sommes condamnés à mort dans les 100 ans qui viennent serait fortement déprimant. Toutefois, en novembre 1988, l’Etna se réveille et mes mictions redeviennent rouges. Et ce n’est qu’un début ; des caillots de sang énormes vont être expulsés, si énormes que 7 mois plus tard, l’un d’eux restera en travers, obstruant la "plomberie". Je sens que mon nerf érecteur ne tient plus qu’à un fil (ce fameux nerf disparaît souvent lorsqu’on enlève la vessie, ce qui n’est pas un mince motif de la conserver cette vessie).

On m’avait bien dit qu’en macrobiotique, la quantité tue la qualité... me voilà maintenant disposé à obéir comme un mouton pour réduire les quantités. D’abord je commence un jeûne qui va durer une semaine du 19 au 26 novembre 1988. Ceci est mon premier jeûne médical et, ma foi, tout se passe bien... Je continue à aller à vélo au lycée, puis je me fais véhiculer par mes collègues, mais plus par peur de faiblesse que par faiblesse réelle.

Pour sortir de ce jeûne, je demande conseil à Madame Rivière. Elle préconise alors 5 cuillères à café de divers ingrédients, une pincée de "gomasio," deux tasses de boisson, et 120 grammes de céréales par jour (on a envie de demander avant ou après les repas...). Cela va être dur, surtout la soif ; quand je vois le sang qui sort de mon corps, je suis hautement motivé pour boire le moins possible, car il semble que dans mon corps en folie, les liquides que j’absorbe me vidangent le système sanguin.

Pour savoir ce que la Faculté pense de ma vessie, je vais me faire des échographies. "Pour quel docteur" ? me demande la secrétaire. Pour le Docteur X lui dis-je, cette lettre de l'alphabet étant employée à longueur de journée dans mon métier de prof de maths. La secrétaire du radiologue va calligraphier scrupuleusement à la place du médecin prescripteur : "Docteur X". Je suis très satisfait du Docteur X, puisque le docteur X c’est moi ; en fait c’est plus Christine que moi-même, nous sommes docteurs associés.

Nous allons quand même marquer des points... Le 17 janvier, soit exactement deux mois après le début des hématuries (c’est à dire du sang dans les urines que j’ai comparé plus haut au réveil de l’Etna), disparition soudaine des hématuries ; me "revoilà" dans la confrérie des jaunes clairs. Je crie victoire aux 4 coins de l’univers familial. Mon beau-frère m’informe que cela ne signifie rien, que d’énormes tumeurs peuvent ne pas saigner et vice-versa... sans doute apprécient les docteurs X, mais en attendant, celle-là, ma tumeur ne saigne plus. En fait le sang reviendra dans quelques semaines.

C’est quand même assez dur : pas de légumes, peu de boissons, je me dessèche sur place, mais j’envoie moins de mon sang dans l’atmosphère... six à sept cent grammes de liquides quotidiens au lieu d’un litre et demi préconisé par la Faculté. J’ai des coups de pompe terribles : j’y regarde à deux fois avant de monter un escalier et prendre une cuillère dans un tiroir me demande une énergie ahurissante. Ma tension est de (8-4) me déclare l’infirmière de mon lycée, car l’infirmerie du lycée Choiseul est devenue mon QG et les jours où je dois travailler aussi l’après-midi, je m’y repose entre midi et 14 heures.

Mon poids est de 55 Kg et je commence à être fatigué pour de bon ; Monsieur Fujisaki, "Shokou" pour les intimes, me fait du shiatsu deux fois par semaine. Cela consiste à appuyer sur différents points répartis sur ce que les orientaux nomment les méridiens. L’un de ces méridiens est dit méridien de la vessie et croyez-moi, celui-là je le connais bien. Je peux dire à coup sûr quand il sollicite ce méridien grâce à une sorte de picotement dans le nez, car ce méridien passe aussi par-là. Je sors de ses mains complètement épuisé.

Le second point marqué va être beaucoup plus fort : je m’étais fait faire trois échographies, en décembre, février et avril, sur prescription du Docteur X. Or dans un premier temps, catastrophe : sur la seconde échographie, la tumeur paraissait plus grosse que sur la première, et du coup j’avais été tenté de tout abandonner ; j’ai même alors commis quelques écarts de régime. Le 11 avril 1988, regardant à nouveau ces échographies, je vois que je me suis trompé : au lieu de lire les commentaires des deux radiologues, j’aurais mieux fait de lire directement les mesures affichées sous les clichés (Je vous dirai plus tard si vous me le demandez pourquoi j’ai pris deux nouveaux radiologues au lieu de mon radiologue habituel). Le cœur battant je me précipite chez mon radiologue habituel : il voit les deux clichés et me dit : "Ah ! Monsieur Gruau.. c‘est beaucoup plus mauvais " (sous-entendu, voyez ce qui se passe quand on veut se soigner seul). Quelle joie que ce "beaucoup plus mauvais" ! Regardez les dates lui dis-je et il les regarda très étonné. Il commença aussitôt à atténuer son jugement précédent ! Il avait cru un instant que la plus mauvaise échographie était la plus récente. Il est évident que son inconscient ne pouvait pas envisager un seul instant le contraire ! Ce qui est prodigieux c’est qu’aussitôt il modère son jugement ! Finalement les deux échographies ne sont pas si différentes dit-il et je suis certain qu’il me dit cela en toute bonne foi.

Dès ce moment là, ma confiance dans la macrobiotique et dans le jeûne est devenue inébranlable Mon régime de famine avait réduit le carcinome qui avait ensuite légèrement progressé avec un régime plus élargi.

Heureusement que j’ai eu ce message d’espoir, car avril et mai vont être très durs. En effet je perds mon sang à flots (en urinant). Le 1° juin, je n’ai plus que 1,9 millions de globules rouges. J’ai parfois du mal à parler à voix haute. Des transfusions s’imposent. Je téléphone longuement à René Levy (je vous parlerai de lui plus tard), pour lui demander conseil...Soit il me prend chez lui, et je suivrai ses instructions, soit je me fais reséquer. Il me dit qu’il faut voir les choses en face et stopper ces pertes de sang. La mort dans l’âme, rendez-vous est pris avec mon urologue. Je mange du chocolat et des gâteaux secs ; c’est un début de la débandade alimentaire ! Le 21 juin, "retransfusion" ; mes globules remontent à 2 millions 240 (je précise que la norme est autour de 5 millions).

Le 26 juin, c’est l’apothéose, je ne peux plus uriner, un caillot de sang bloquant tout. (Le 25 Juin j’étais à Grenoble chez Maguy Lebrun dont je reparlerai si vous le désirez). Me voilà en urgence à la clinique, où au lieu de me sonder, on me donne des calmants (mon urologue n’étant pas là !) Me voilà avec une 4° transfusion de trois flacons de sang, avant une nouvelle résection : du jour au lendemain, plus une goutte de sang dans les urines.

Mon urologue va me presser sérieusement pour me faire enlever ma vessie : en termes chirurgicaux on dit "exérèse" et j’ai appris dans la foulée à mon coiffeur qu’en me coupant les cheveux il pratiquait sans le savoir une exérèse capillaire, au minimum une capillarotomie partielle. La langue chirurgicale me met en joie.

Mon beau-frère m’écrit une lettre pathétique pour me conjurer d’obéir : "tu viendras à genoux nous supplier de pratiquer cette ablation" écrit-il.

Je suis là à un tournant... Grâce aux livres de Shelton sur le jeûne, de Monique Couderc (qui relate dans un livre comment elle s’est guérie avec un jeûne de 21 jours d’un cancer de l’utérus) de Satilaro qui s’est guéri d’un cancer avancé par la macrobiotique, je sais que je peux guérir

Grâce à mon urologue et à mon beau-frère je sais que la maladie est au tournant dont j’ai parlé plus haut. Je vais jouer ma dernière carte : le jeûne. Mais je ne sais pas si je vais tenir longtemps car les maladies graves demandent parfois 30 à 45 jours de diète, or mon expérience du jeûne est assez courte. J’ai fait un jeûne d’une semaine, plus un autre que je voulais de 10 jours et qui n’a duré que 3 jours !

Nous partons en Corse dans un couvent à Erbalunga où une sœur de ma femme est religieuse. Je décide donc de commencer à jeûner, cela durera ce que cela durera.

Le secret du jeûne est de se décider pour la journée. Je sais que les trois premiers jours sont souvent les plus durs et cela ne rate pas : mal de tête, on se sent au 36° dessous... cela, c’est le droit d’entrée. On est quasi certain que l’on va arrêter le lendemain. Le lendemain, au réveil, cela va beaucoup mieux et on en reprend pour une journée.

L’après-midi du second jour est assez effroyable, mais le 9° jour, je me sentirai mieux qu’au second ! C’est stupéfiant, mais c’est ainsi, après le 3° jour, je suis sur orbite ! Je n’ai pas faim.

Beaucoup de personnes pensent qu’il faut une volonté de fer pour jeûner longtemps. C’est faux. Il faut être très motivé dans les tout premiers jours. J’ai alors tout pour être motivé : la trouille d’une ablation pouvant avoir des conséquences majeures sur la sexualité et la certitude de l’efficacité du jeûne. Certitude ? On n’est jamais certain de rien et surtout en matière médicale. Je crois au témoignage "de bonne foi", au témoignage qui rend un bon son, et j’espère que cette causerie rend un bon son... Monique Couderc m’a donné un tel témoignage. Satilaro aussi... Sheton qui a soigné toute sa vie des maladies diverses uniquement par le jeûne ne dit nulle part expressément que le jeûne guérit le cancer, mais il signale qu’il n’y a que trois cas sur mille de grosseurs suspectes au sein qui résistent à une semaine de jeûne.

Beaucoup de personnes disent que la macrobiotique est une sorte de charlatanisme, ainsi que les tenants du jeûne. Et pourquoi pensez-vous que les gens en vantent l’efficacité ? Pour faire vendre leurs livres m’a-t-on répondu ! Quand on commence à voir les choses par le petit bout de la lorgnette, on voit tout mesquin. Mais quand il s’agit de votre peau, on peut penser que cela vaut au moins le coup d’essayer. Eh bien non !... J’ai rencontré plusieurs personnes qui n’ont jamais essayé quoi que ce soit, et même deux qui n’ont pas voulu lire un manuscrit où je raconte ma guérison, de peur, m’a dit l’une d’elles d’être déstabilisée !

Voyons donc les effets du jeûne constatés sur moi : au bout d’une semaine, me sentant assez faiblard, je me fais faire une prise de sang pour savoir combien j’avais de globules rouges. Je rappelle que j’avais à l’époque de gros problèmes de ce côté là ; mon médecin de famille avait même prévenu ma femme que j’avais dans l’immédiat plus à craindre de l’anémie que de tout autre motif. Du coup, je dis au docteur X (mon épouse) que si mes globules redescendaient en dessous de trois millions ( le chiffre normal est entre 4,5 et 5 millions), j’arrêterai immédiatement ma diète. Stupeur, j’ai 4,16 millions de globules rouges, chiffre jamais atteint depuis des mois en dépit des transfusions ! Ma réaction est de mettre en doute le sérieux des laborantins corses et je me promets de changer de laboratoire pour l’analyse de la semaine suivante. Une semaine après, "reanalyse"... les globules rouges ont encore augmenté ainsi que tous les autres chiffres sauf le glucose, tout cela en buvant de l’eau chaude ! Le taux de cholestérol a augmenté, ce qui arrive aux gros mangeurs de viande, alors qu’avant ce jeûne, vu mon régime quasi végétalien, (la macrobiotique est plus stricte que les végétariens) j’avais un taux de cholestérol inférieur à la normale, ce qui est rare en France dit-on. En somme, je continue à manger du Gruau : je m’auto-bouffe. Tout cela est en gros la théorie de Shelton : en cas de disette, l’organisme dévore tout ce qui n’est pas vital pour sa survie. D’ailleurs même chez ceux qui sont morts de faim, le cerveau par exemple ne perd pratiquement pas de poids. J’aurais dû lire plus attentivement le livre de Shelton. Je n’aurais pas été étonné de voir mes globules remonter ni de voir les pulsations diminuer de 20, ce qui fait que j’ai un pouls aux environs de 40 car j’ai généralement aux environs de 60.

En somme le corps se repose, mon corps se débrouille pour transformer les cellules cancéreuses en bons globules rouges ! En tout cas tout se passe comme si. Mon corps consomme tout ce qui ne sert à rien, ma vue s’améliore : Shelton dit que certaines impuretés dans le cristallin sont nettoyées. C’est une sensation assez extraordinaire que j’ai vérifiée au moins trois fois (et beaucoup plus que trois fois depuis que j’ai écrit cette conférence). Après 15 jours de jeûne, la lumière ruisselle de partout ! On a la même sensation que lorsqu’il a plu l’été après une semaine de canicule poussiéreuse : on reçoit pus de lumière, cette sensation va en croissant et dure une quinzaine de jours après la fin du jeûne.

Naturellement mes forces physiques n’augmentent pas, mais je descends encore les 26 marches du pigeonnier où nous sommes dans ce couvent d'Erbalunga et cela au moins une fois par jour. Je me paie même le luxe de désherber une à deux heures par jour la place devant l’église du monastère. C’est aussi moi qui prépare les repas du docteur X et j’ai même, le 14e jour de diète, préparé un repas pour les onze sœurs du couvent, car je voulais qu’elles goûtent à la cuisine macrobiotique.

Je commence à penser que mon jeûne va peut-être durer un mois et je veux rentrer sur le continent, car j’ai peur de devenir intransportable. Par ailleurs les bonnes sœurs n’ont pas trop envie non plus de me voir passer l’arme à gauche au sein de leur couvent, car elles aussi pensent (comme quiconque n’a pas pratiqué de jeûne prolongé) que le jeûneur va sans façons s’évanouir de faiblesse à tout moment. Sur les conseils du Docteur corse (celui du couvent), je vais manger deux cuillerées à café de miel pour le voyage. C’est ce docteur qui écrivait les ordonnances pour analyser mon sang. Il avait un peu peur que je tourne de l’œil dans l’avion par hypoglycémie (ce qui signifie en français courant par manque de sucre). Le retour se passe très bien : une ambulance m’amène à l’aéroport de Bastia, une autre m’attend à Orly, et 5 heures 30 après mon départ du monastère d’Erbalunga, j’entre dans ma maison à Tours. Je suis un peu mal à l’aise, parce que je pense que, si cela était nécessaire, je pourrais faire 4 ou 5 km à pied, or on me véhicule en fauteuil roulant à travers les aéroports ! Je me sens hypocrite comme un faux malade. Ainsi va l’administration, j’avais juste besoin d’un taxi pour passer de l’aéroport à la gare, mais cela ne se fait pas, toute la partie du voyage qui ne se fait pas en avion doit se faire en ambulance !

En attendant je passe devant tout le monde, et c’est toujours agréable de passer devant tout le monde : ce serait un des motifs du nombre croissant des candidats à la Présidence de la République.

Chez moi, je m’installe au rez de chaussée, mais avec le recul je vois maintenant que c’est par peur psychologique de la faiblesse plus que par faiblesse véritable. Je me sens profondément en vacances, et j’ai une vie de roi fainéant. Je reste deux à trois heures debout et alternativement couché, la fenêtre ouverte. Souvent un écureuil inspecte soigneusement un gros arbre juste devant ma fenêtre, ce qui crée une ambiance très Walt Disney.

Les jours défilent et la faim ne revient pas ( 18e jour). Je ressens une fatigue saine, comme la fatigue ressentie après une longue promenade, puis je me couche et cette fatigue s’en va tout simplement. Parfois il est vrai, j’ai des accès de faiblesse aigus, la quasi-impossibilité de soulever ma jambe et juste assez de force pour parler à voix basse. Je pense parfois à ce mendiant qui apitoyait les gens en disant qu’il n’avait pas mangé depuis 3 jours ! S’il disait " Ma pauvre Dame je n’ai pas mangé depuis 18 jours, on lui rirait au nez. (J’avais aussi un énorme déficit de globules rouges qui explique aussi cette faiblesse)

On vient me faire des prises de sang à domicile pour vérifier où en sont les constates vitales ; plaquettes et globules rouges montent régulièrement.

Les journées passent comme des éclairs ; je suis devenu très frileux ; le Docteur X me donne trois bouillottes en plein mois d’Août. Mon système digestif est soumis à rude épreuve, car j’ai de plus en plus de nausées, comme quelqu’un qui aurait trop mangé ! Ces nausées sont décrites par Shelton, il signale un patient qui a commencé des vomissements le 5Oéme jour, lors d’un jeûne de 6O jours

Sortie de jeûne

Finalement, vais-je tenir 30 jours ? . Non, le 23 août ( I989), j’arrête après très exactement 28 jours et demi où je n’ai bu que de l’eau à l’exception de deux cuillerées à café de miel…(une dans l’avion, et l’autre à un moment où je me sentais près de tourner de l’œil, en remontant une poubelle vide)

Il y a plusieurs signes pour arrêter un jeûne : le premier est d’avoir à nouveau faim, mais je n’avais absolument pas faim, quiconque a des nausées me comprendra aisément. J’ai lu depuis, chez d’autres auteurs que Shelton, que, souvent, la faim ne revient pas. J’ai fait un 2e jeûne l’année dernière ( et beaucoup d’autres jeûnes depuis cette conférence, sans jamais revoir la faim) Le second signe est d’avoir la langue qui redevient rose ma langue est bien redevenue rose après avoir été chargée d’extraordinaire façon, au point que je me la raclais avec une petite cuillère chaque jour et même deux fois par jour. 3° Tout signe d’alarme), exemple baisse des globules rouges : c’est, justement ce qui était en train de m’arriver, les globules n’ayant sans doute plus de cellules cancéreuses à se mettre sous la dent, leur nombre commence à baisser.

On signale aussi (mais je ne l’ai jamais ressenti) la fragilité des yeux : le jeûneur ne peut plus supporter la lumière. Il faut arrêter immédiatement.

Le dur, le très dur pour moi du moins, est la sortie du jeûne. Je passe mon temps à dire et redire que pendant le jeûne on n’a pas faim, mais dès que je recommence à manger, je me transforme immédiatement en bête affamée, prête à avaler du plomb et mastiquer des briques. J’ai délégué, pour cette première sortie de mon premier jeûne, tout pouvoir alimentaire au docteur X. René Levy, consulté par téléphone, nous conseille 150g de riz cuit toute la nuit dans 7 volumes d’eau et passé ensuite au chinois, avec un peu de tekka et de tamari (assaisonnement que le docteur X refusera). Je ne suis plus que faim et à 5 heures du matin, je veux que le docteur X me fasse un plat sur le champ. Je suis prêt à tuer le docteur X à coups de marteau !

À moins d’être un surhomme, il ne faut pas être seul pour sortir d’un long jeûne (ni du reste être seul pour faire un long jeûne car on peut tomber dans le coma par manque de sucre). Je pesais à la fin du jeûne, 52,5 Kg et trois jours plus tard, grâce à mon épouse, je pesais toujours le même poids. Le danger signalé par tout le monde est de remanger trop et trop vite. Je sens que mon corps continue à se nettoyer.

Voici l’heure cruciale, la confrontation avec mon urologue. Je rappelle que la dernière fois que nous nous étions vus j’avais un tel caillot de sang que je ne pouvais plus avoir de miction, tout étant obstrué. Le Docteur Besancenez me prévient avant l’examen cystoscopique (ce qui veut dire vue de la vessie) : "si vous ne m’obéissez pas, je ne m’occupe plus de vous ". Nous sommes en août et je rappelle qu’il voulait m’enlever la vessie ; il ajoute une phrase du genre de " j’ai plus de 25 ans d’expérience tumorale ". Mon beau-frère m’a dit une fois que le Docteur Besancenez a plus de titres que lui. Je lui fais remarquer qu’il n’a pas du voir beaucoup de ses patients jeûner 28 jours. Il ne dit rien et prend son appareil, regardant très longtemps sans dire un mot ; enfin il déclare "qu’il n’y a pas lieu d’enlever la vessie pour le moment ". Sur le coup j’ai une réaction stupide, je dis à ma femme "je savais bien que le docteur était honnête" ! Il ne s’agissait pas dans mon esprit d’honnêteté de fric mais d’honnêteté intellectuelle. Il faut être un grand monsieur pour reconnaître qu’un pronostic est faux. Je suppose qu’il n’en croit pas ses yeux ; il me fera une biopsie (c’est-à-dire qu’il prélèvera un petit morceau de vessie pour l’envoyer au laboratoire. Le compte rendu du laboratoire est formel "absence de cellule tumorale identifiable".

Cette fois ce sont les yeux du laboratoire qui ont tranché : Adieu la tumeur de grade 2, la tumeur a été tout simplement dégradée comme un officier félon et l’examen fait deux ans plus tard, il y a quelques semaines ( le 14 avril 1992), confirme que je n’ai rien, rien de rien, rien d’observable, car "les gens bien portant sont des malades qui s’ignorent" soutenait le Docteur Knock. Je crois qu’il faut dire le contraire : les malades sont des gens bien portant qui s’ignorent. Le malade est un bien portant inobservable.

Cette fois, c’est la victoire. (10 ans après cette conférence en 2002, je n’ai toujours rien vu , plus exactement rien d’observable n’a été observé).

En résumé, en un an de macrobiotique mal suivie car j’absorbais de trop grandes quantités, j’ai d’abord stabilisé en quelque sorte la tumeur, puis je suis venu à bout de ma maladie grâce à un jeûne de 28 jours.

Mon urologue n’a rien trouvé d’anormal depuis ; quant au gastro-entérologue, je n’ai plus jamais eu besoin de le voir puisque la macrobiotique, même imparfaitement suivie a suffi à faire disparaître mes maux de ce côté là. Imaginez que depuis 20 ans, il ne m’arrivait pas une seule fois d’aller à la selle sans qu’il y ait du sang et que cela a disparu depuis bientôt 5 ans !

Maintenant que je suis un bien-portant observable, ma femme suit la macrobiotique beaucoup plus strictement que moi ; elle l’a fait dans un premier temps par solidarité, peut-être aussi pour m’entraîner lors de phases de découragement, puis dans un second temps pour elle-même. Je rappelle cette spectaculaire disparition de cet eczéma qu’elle traînait depuis plus de 20 ans, je répète 20 ans (apparu après un accouchement) et qui a disparu après trois mois de macrobiotique alors qu’elle ne s’y attendait pas du tout. Il ne s’agit pas de placebo puisque son seul motif était au départ la solidarité !

Nous continuons pour deux raisons : la première est que l’on se sent mieux dans notre peau, et la deuxième est que nous trouvons bon ce que nous mangeons ! Il semble austère de ne manger ni beurre, ni viande, ni lait, et encore plus austère de manger beaucoup de céréales. Je viens là pour témoigner que ces céréales sont délicieuses, mais comme en matière de goût rien n’est absolu, disons que ces céréales me paraissent délicieuses. Le goût évolue et lorsque le corps a vraiment besoin d’une nourriture, cette nourriture est trouvée délicieuse. La réciproque est fausse car il est facile de se créer des besoins artificiels, comme le tabagisme et l’alcool. La nourriture macrobiotique non seulement n’est pas un pensum à avaler comme un médicament mais procure de vraies joies gastronomiques. Je reste convaincu que la macrobiotique peut guérir beaucoup de maladies et je vais vous dire quelques mots de Saint Gaudens.

À Saint Gaudens, existe un Centre Cuisine et Santé, tenu par René Lévy, et là on vous apprend la cuisine macrobiotique. Cette cuisine est soutenue par la théorie du Ying-Yang, qui distingue dans la nature des forces de dispersion (Yin) et de concentration (Yang), la nourriture macrobiotique réalisant un équilibre entre ces deux antagonismes. Que ces théories soient fumeuses, c’est possible... mais j’en vois les résultats. Briach avait une tumeur au cerveau. Ce jeune homme n’est pas un ectoplasme, ses parents ont un numéro de téléphone et ce numéro de téléphone, ma femme l’a utilisé pour savoir comment les parents de Briach lui préparaient la nourriture, car il est actuellement parfaitement guéri.

Vous connaissez sans doute l’histoire du Sapeur Camembert : l’histoire se passe il y a environ un siècle et démielle brave sapeur est malade et va consulter. Le docteur du régiment lui prescrit " de suivre son ordonnance ". Le Sapeur Camembert totalement illettré ; il ne connaît pas d’ordonnance ordonnance si ce n’est le domestique du docteur, ( à cette époque les officiers et en particulier les docteurs militaires avaient à leur service un domestique ainsi nommé. Comme ce dernier est à cheval, le Sapeur doit courir pour le suivre, ce faisant il eut très chaud, sua abondamment et fut guéri de cette façon..

Autrement dit, quand je vois des cancers (Maladie Yin par excellence) soignés efficacement, je suis prêt à obéir, bête et idiot dans un premier temps, au nom de l’efficacité. J’ai pris conscience ensuite que c’est moi qui suis bête et idiot de croire qu’il faut suivre aveuglément une règle, fut-elle macrobiotique... En macrobiotique, c’est justement vous qui arriverez un jour à faire votre ordonnance en sélectionnant ce que vous allez mettre dans votre assiette. Le titre d’un article du Monde était "Mort sur ordonnance", relatant une étude faite sur des patients morts malheureusement des suites de leur ordonnance. Tant qu’à faire, je trouve préférable que ce soit mon ordonnance.

Je vais vous parler de l’ambiance de Saint Gaudens et de celle des hôpitaux. Dans les hôpitaux parisiens ou les cliniques tourangelles, (j’ai effectivement largement fréquenté les deux), c’est l’ambiance feuille morte. Entendez par-là que les patients sont totalement irresponsables. Ils ont abandonné le gouvernail, non seulement au docteur, mais à la clinique : vous avez la responsabilité d’une feuille morte au fil de l’eau : vous êtes "super" infantilisé, on vous fait coucher, lever, marcher, boire et manger, on vous fournit la télévision, et si cela ne suffit pas du tranxène pour dormir. Le patient patiente, il attend le sommet de la journée, le passage du docteur météore, blouse blanche entourée de plusieurs autres blouses se tenant à distance respectueuse, avec une infirmière greffier qui note les paroles de Jupiter. Le patient attend, son seul acte volontaire a été de rentrer à l’hôpital ; il est venu là comme on va porter sa voiture à laver et il attend que les grosses brosses se mettent à tourner et l’eau à gicler pour sortir de là propre et régénéré. Son seul désir est de sortir de là, car le temps qui y est vécu est du temps mis entre parenthèses. Les conversations entre malades hospitalisés portent essentiellement sur "ce qui ne va pas".

À Saint Gaudens, c’est le contraire : la conversation porte sur ce qui va mieux ; certes vous y trouvez aussi certains "passifs" qui attendent tout de "Ils" ; qui sont assez déroutés de ne pas trouver là d’anesthésiste, alors qu’ils étaient fins prêts pour être anesthésiés, pris en main, dorlotés, mais ceux là (et d’une certaine façon on en fait tous partie) changent d’attitude ou s’éliminent d’eux-mêmes en partant.

L’ambiance est à la guérison. Chacun admire ses propres progrès et les progrès des autres. Je revois un Suisse qui avait un cancer du rectum et qui me disait : "j’ai de la volonté, je vais manger du sarrasin et je vais guérir ". Il était touchant. On sentait que tout son être était tourné vers la guérison, on sentait qu’il s’était totalement pris en main.

Pour conclure sur le domaine purement médical, je ne veux pas donner l’impression de dénigrer la médecine et les médecins. J’ai été bien content de les trouver, et mon urologue me "suit" toujours ne serait-ce que pour savoir si je suis vraiment guéri ! Simplement il faut connaître qu’il existe une possibilité parallèle. Le corps, souvent, connaît mieux que quiconque ce qui ne va pas, l’instinct de vie qui est en nous s’adapte immédiatement sans que nous en ayons conscience. Il transforme en nous-mêmes ce que nous buvons, respirons, mangeons. Cet instinct de vie peut remettre les pendules à l’heure quand tout se dérègle. Le jeûne est efficace pour réveiller cet instinct de vie, car il déclenche l’état d’esprit nécessaire. La puissance du jeûne accompagne l’état d’esprit, peut-être faut-il dire tout simplement dire la puissance de l’esprit. Y-a-t-il un risque ? Certainement. Il est bien évident que si mon urologue voulait que je lui obéisse, c’est qu’avec son expérience il pensait que les conditions thérapeutiques pour m’enlever la vessie étaient optimum, et que ne pas le faire me conduisait dans le mur. Et je rends d’autant plus hommage à cet homme qu’il a su faire confiance à ses yeux plutôt qu’à son expérience. Vous pouvez toujours penser que vous allez rater une occasion thérapeutique et de cela on peut discuter à l’infini. En attendant, ma vessie, elle est toujours là. Pour vous oui, mais pour un autre ? m’objectait une pharmacienne qui se demandait si elle allait ou non ne afficher une invite à venir à cette conférence. Je serais un charlatan de répondre oui ! Je ne peux que livrer mon expérience

Mais si j’ai entrepris cette démarche de guérison, c’est grâce aux témoignages et de Monique Couderc et de Satilaro. Rien ne dit que cela fonctionnera aussi pour vous ! Si je vous disais de "faire comme moi" je ferais de la médecine, or je ne suis pas médecin.! Je suis responsable de moi, pas de vous, c’est vous qui êtes responsable de vous ! Si je ne donnais pas mon témoignage, je ne me sentirais pas à l’aise, je ne serai vraiment à l’aise que lorsque au moins une personne se sera tirée d’affaire grâce à mon témoignage, puisque c’est grâce à des témoignages que je me suis moi-même tiré d’affaire. (Une personne s’est sortie de son cancer de la vessie depuis, c'est le sujet de ma 2° conférence).
La situation est un peu celle-ci : supposons qu’au lieu de faire 5 km pour aller quelque part, j’ai trouvé un raccourci qui permette d’aller au même endroit en escaladant un rocher : est-ce que ce n’est pas criminel, peu solidaire de garder ce raccourci secret ! Cela ne veut pas dire que tout le monde peut prendre ce raccourci ! C’est à vous d’en juger, vous ayant exposé au mieux mon escalade, c’est à vous de savoir si cela vous paraît dans vos possibilités.

Il y a enfin autre chose de bien plus important que je découvre dans un jeûne. Je découvre soudain la beauté d’une fleur d ’un arbre, d’un nuage. Cela fait un peu eau de rose, mais c’est un sentiment très fort. J’ai l’impression littéralement de découvrir mon jardin, de goûter la nature d’une façon presque physique. Une branche d’arbre vue par la fenêtre de mon monastère corse me remplit d’émerveillement alors qu’en temps normal, il aurait fallu un coucher de soleil ou quelque paysage grandiose de montagne pour m’émouvoir. Un

ami ( qui a un rôle important dans la ville de Tours) à qui j’ai raconté mes différents jeûnes en a fait un de 6 jours : à la fin, il s’est mis à écrire des poèmes ce qu’il ne faisait plus depuis son adolescence !Cet état merveilleux de l’adolescence où nous avons en nous l’enthousiasme, s’installe tout naturellement, comme si le corps, libéré de la nourriture reprenait son rôle de récepteur de l’univers Je me mets aussi à composer des poèmes, je ne vous en lirai qu’un intitulé " Heureux ceux qui ont faim "

Avoir faim,

Faim de nourriture

Faim d’oxygène

Faim de Dieu

C’est la marque de la vie consciente.

Le gavé d’oxygène ne sait pas qu’il respire

Le gavé de bouffe use de mille épices

Et de mille artifices pour savoir qu’il mange

Le gavé de plaisir ne sait plus que Dieu est là,

Ne sait plus qu’il vit

Il ignore même qu’il est gavé

Pendant mes deux jeûnes de 4 semaines, j’ai écrit presque tous les jours d’immenses lettres : contrairement au temps normal où comme tout un chacun je dois me gratter la tête pour aligner 5 lignes. Je me sens débordant de choses à dire, comme un jeune amoureux qui n’a aucun effort à faire pour trouver des idées ; il n’a qu’à recopier ce qu’il a dans le cœur. La différence ici est que c’est de la vie dont je me sens amoureux.

Je dois aussi parler de l’effet de la diète sur ce que l’on doit bien appeler la spiritualité. Je sais que certaines personnes peuvent jeûner très longtemps dans le but d’améliorer leur santé, et strictement ne rien éprouver sur le plan religieux. Mais pour celui qui a un tout petit quelque chose, et je veux dire par là que Dieu ne le préoccupe guère plus que le minuscule scintillement d’une lointaine étoile, mais le préoccupe un petit peu quand même, le jeûne transforme cette lumière à peine réelle en soleil éclatant. Je me sens aspiré vers le haut, au point que, en fin de compte, il devient secondaire que mes maux guérissent ou non.

Au lieu de savoir intellectuellement que la réalité n’est pas faite de la satisfaction des envies et de la jouissance matérielle, j’éprouve quasi physiquement, sans intervention du cerveau, qu’il suffit de s’abandonner à la Joie qui nous environne de toutes parts. Je sens que la vie doit être contemplée, adorée, et la Joie me pénètre alors comme la chaleur du soleil, sans arrière pensée est sans projet futur.

Je voudrais soulever un petit point de logique : les résultats de la méthode du jeûne ne sont pas statistiquement établis (encore que Shelton ait répertorié 12000 cas d’applications du jeûne à la maladie, je n’ai pas dit 12000 guérisons). Toutefois la statistique concerne un groupe et non l’individu. L’espérance de vie est un chiffre très fiable pour les compagnies d’assurance ; elle leur permet, à ces compagnies d’assurance, de faire des barèmes pour les hommes de 57 ans qui ont une espérance de vie de 20 ans par exemple. Ce chiffre ne me concerne pas ; il concerne le groupe des gens qui ont cet âge mais moi, avec cet âge, je peux très bien mourir demain ou dans trente ans. Le Docteur Besancenez se fondant sur ses 25 ans d’expérience tumorale, n’a jamais vu, à ce stade, de guérison non provoquée médicalement, et s’il déclare qu’il ne s’occupera plus de moi (si je ne suis pas ses conseils) il fait son métier en mettant la pression psychologique maximum. Il aurait été malhonnête en agissant autrement, car le jeûne et la macrobiotique sont pour lui du folklore.

Question folklore je ne suis pas en reste. Entre autres un guérisseur qui sentait le tabac et le vin rouge, mais qui avait parfois des succès ; un autre guérisseur plus smart de présentation, mais qui ne réussissait guère qu’à me faire baisser la tension (que j’ai très élevée)

Je serais un lâche de ne pas relater aussi une curieuse expérience due à Maguy Lebrun, même si nous approchons là de la pure magie… Maguy Lebrun croit au pouvoir de l’esprit, au pouvoir de l’amour ; elle a suscité dans diverses villes et en particulier à Tours des groupes de personnes qui se réunissent en cercle, en se tenant la main : le malade qui demande de l’aide se met au milieu et les sympathisants essaient de se concentrer pour que le malade guérisse. Je n’ai pas honte de dire que j’ai été parfois à ces réunions d’abord comme malade puis comme sympathisant. Considérer que l’Amour est une force est sans doute fou mais cela me paraît une hypothèse saine, à vérifier.

Je cite souvent la fable de La Fontaine où est narrée l’histoire de deux grenouilles tombées dans un seau de lait et promises à une mort certaine. La première grenouille déclare à la 2e qu’elle préfère mourir tout de suite, plutôt que de se débattre vainement. Statistiquement, un animal qui tombe dans une cuve aux parois lisses avec du liquide doit avoir 0 chance sur cent d’en sortir toute seule.

La deuxième, refusant les statistiques, se démena comme un diable dans un bénitier. Le lait devint beurre et elle sauta dehors. Cette grenouille avait foi dans son instinct de conservation. Par un processus inattendu, la voilà tirée d’affaire.

J’ai écouté mon instinct de conservation, et surtout cru à la vérité des témoignages que j’ai eu la chance d’avoir.

Il est notoirement stupide de rejeter la médecine, mais parfaitement borné de rejeter sans examen d’autres méthodes.

L’œil droit et l’œil gauche donnent deux visions distinctes et contradictoires du réel. Pour supprimer cette contradiction, on peut se mettre un bandeau sur un œil ou alors, ouvrir les deux yeux. Celui qui a un bandeau voit un univers plat et sans contradiction, l’autre découvre l’univers en relief.

Jeûne et régime macrobiotique donnant un relief puissant à ma vie, mes problèmes de santé sont devenus le cadet de mes soucis. Vexée sans doute de voir que je ne me souciais plus d’elle, la santé est revenue, elle est revenue de surcroît comme le dit une phrase célèbre.


Dernière édition par Admin le Lun 4 Juin 2012 - 3:26, édité 2 fois

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Re: Jeûne et cancer : témoignage de Jean-Claude Gruau

Message  Nath85 le Jeu 31 Mai 2012 - 12:31

Bonjour

Il y a quelques semaines, je suis aussi tombée sur cette vidéo (20 ans après, je crois) où Jean-Claude gruau raconte ce fameux jeûne.

Et le jeûne de Michel, qui a été accompagné dans son jeûne par Jean-Claude gruau.

Edit Admin : Merci Nath85, les liens (vidéo) font désormais l'objet de deux sujets et ont été déplacés dans le forum :Récits d'expériences de jeûne :: Jeûne de plus de deux semaines

Cordialement.


Nath85

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Re: Jeûne et cancer : témoignage de Jean-Claude Gruau

Message  admin2 le Jeu 11 Avr 2013 - 18:37


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Re: Jeûne et cancer : témoignage de Jean-Claude Gruau

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