LAIT et produits laitiers ... bons ou mauvais ?

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LAIT et produits laitiers ... bons ou mauvais ?

Message  Luc le Mar 6 Mar 2018 - 15:37

Tiré du magasine des consommateurs : Protégez-vous ! (Février 2018)


LE LAIT, BON OU MAUVAIS? RÉPONSES EN 9 POINTS

Certains l'accusent de favoriser la prise de poids et l’inflammation chronique, de provoquer des troubles digestifs ou d’augmenter le risque d’accidents vasculaires cérébraux, alors que d'autres vantent ses vertus nutritives. Faut-il boire un peu, beaucoup ou pas de lait ?


«Un verre de lait, c’est bien, mais deux, c’est mieux », disait la publicité des Producteurs de lait du Québec au milieu des années 2000. Un message qui reprenait celui qu’on répétait aux enfants à l’époque : il faut boire du lait pour être en bonne santé et avoir des os solides. Mais cette réputation de produit sain et inoffensif a été malmenée depuis.
Les détracteurs du lait l’accusent, entre autres, de favoriser la prise de poids et l’inflammation chronique, de provoquer des troubles digestifs, d’être à l’origine de certains cancers et d’augmenter le risque d’accidents vasculaires cérébraux (AVC). Certains remettent en question son apport nutritif ou tentent de démontrer que notre corps ne possède pas l’enzyme nécessaire pour le digérer.


C’est sans compter ceux qui estiment que boire du lait de vache n’est pas naturel pour l’espèce humaine. De telles allégations n’ont pas toujours de fondements scientifiques, mais elles circulent largement sur Internet, tant et si bien que le lait a fini par faire peur.
Or, est-il aussi « méchant » qu’on le prétend ? Une revue des recherches scientifiques publiées au cours de la dernière décennie tend à démontrer que le lait aurait un effet neutre sur la santé. En clair, il ne serait ni aliment miracle ni poison. Sauf pour les personnes qui sont allergiques à la protéine de lait, une affection rare chez les adultes mais qui touche environ 2 % des jeunes enfants.


Ceux qui en souffrent doivent éviter les laits de vache, de chèvre et de brebis, qui peuvent provoquer chez eux des troubles digestifs (douleurs, vomissements, coliques, etc.), des éruptions cutanées (plaques rouges, démangeaisons, etc.) ou un choc anaphylactique.
Même les personnes intolérantes au lactose – qui ne produisent pas assez de l’enzyme nécessaire à la dégradation de ce sucre du lait – ne sont pas obligées de bannir le lait de leur alimentation. Elles peuvent généralement en boire en petites quantités ou prendre des suppléments de lactase qui les aideront à digérer le lactose.


Toutefois, les conclusions qui ressortent des études ne font pas nécessairement la différence entre le lait et les produits laitiers. De plus, souligne la nutritionniste et docteure en pharmacie Annie Ferland, elles valent généralement pour une consommation moyenne, soit de deux à trois portions de lait et produits laitiers par jour.


Et pour les grands consommateurs ? « On peut pas dire que… », comme le souligne la récente campagne publicitaire des Producteurs de lait, étant donné que les recherches sur le sujet sont rares. Pour départager le vrai du faux, nous passons en revue toutes les allégations qui circulent sur le lait et faisons le point sur les connaissances actuelles.



Le lait augmente le risque de maladies cardiovasculaires.



« Il n’y a pas d’évidences montrant un risque accru de maladies cardiovasculaires avec la consommation de lait. Les études indiquent plutôt que le lait et les produits laitiers sont associés à un risque inchangé ou diminué de [telles] maladies », résume Jean-Philippe Drouin-Chartier, nutritionniste-diététiste et doctorant en médecine expérimentale à l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels de l’Université Laval. En 2016, cet expert a participé, avec huit autres chercheurs, à une revue de la littérature scientifique portant sur les associations entre le risque de maladies cardiaques et la consommation de lait et de produits laitiers.

Résultat : la consommation totale de lait est associée à une réduction du risque d’hypertension artérielle, mais elle a un effet neutre pour la plupart des maladies cardiovasculaires. En ce qui a trait à la majorité des facteurs de risque – cholestérol, pression artérielle, glycémie, etc. –, les effets d’une alimentation avec ou sans produits laitiers sont les mêmes. À ce propos, « il est intéressant de constater le peu de différences sur la santé entre la consommation de lait et celle de fromage, bien que leur teneur en matière grasse soit très différente. Le fromage, qui est le produit laitier le plus riche en gras, est même associé à un risque diminué d’AVC et de diabète de type 2», ajoute Jean-Philippe Drouin-Chartier.

« Un verre de 200 ml de lait par jour n’a pas d’influence sur la maladie coronarienne et la mortalité précoce. Les produits laitiers et le fromage ont aussi un effet neutre. Même une grande consommation de produits laitiers ne semble pas avoir de résultats significatifs sur les maladies cardiaques, selon les rares études menées sur des participants qui en prenaient beaucoup », souligne Élise Latour, nutritionniste à l’Institut de cardiologie de Montréal, qui accorde une place aux produits laitiers dans la diète de ses patients. Elle recommande – comme presque tous les experts consultés pour ce dossier – de privilégier les produits faibles en gras, tels les laits 1 ou 2 % ou les fromages peu riches en gras, afin de limiter votre apport en gras saturés, lesquels sont reconnus pour augmenter le taux de cholestérol LDL (le « mauvais » cholestérol) et le risque de maladies cardiovasculaires.
Pourtant, « de plus en plus d’études suggèrent que l’effet des gras saturés sur la santé dépend de l’aliment qui les contient. Ainsi, la consommation des gras saturés de la viande est néfaste, comparativement [aux gras] des produits laitiers », explique Jean-Philippe Drouin-Chartier. Il faudra cependant mener d’autres études pour faire la lumière sur le sujet.

Les produits laitiers fermentés réduisent le risque de maladies cardiaques et améliorent la glycémie.



Les études sont trop peu nombreuses pour qu’on puisse déterminer l’effet de la consommation totale de produits laitiers fermentés – yogourt, fromage et kéfir – sur la glycémie (taux de sucre dans le sang). Par contre, le yogourt est associé à un plus faible risque de diabète de type 2. On ignore encore pourquoi, mais parmi les hypothèses avancées, il est question du contenu en bactéries lactiques du yogourt, dit Jean-Philippe Drouin-Chartier. Côté cœur, la consommation de produits fermentés n’aurait pas d’incidence sur le risque d’hypertension, mais elle diminuerait le risque d’AVC.

Le lait contribue à la santé osseuse et à la prévention des fractures.


« Le lait et les produits laitiers seraient associés à une meilleure santé osseuse durant l’enfance et l’adolescence, mais l’effet semble s’atténuer à l’âge adulte », indique Jean-Philippe Drouin-Chartier. Des études tendent même à démontrer que chez les adultes, la consommation de calcium aurait moins d’effet sur la densité osseuse que l’entraînement et l’activité physiques.

Reste que le lait contribue à la santé osseuse, puisqu’il contient du calcium et de la vitamine D, deux éléments qui sont essentiels pour la maintenir, explique le Dr Louis-Georges Ste-Marie, endocrinologue et directeur du Laboratoire des maladies osseuses métaboliques du Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM). «Dès la mi-trentaine, le corps a besoin de plus de calcium qu’il n’en produit, explique-t-il. Pour éviter qu’il ne le puise dans les os, votre alimentation doit en fournir, et le lait constitue une source facile d’accès et bien absorbée par l’organisme grâce à la vitamine D  qu’il contient.»

La vitamine D, un ajout obligatoire dans les laits vendus au Canada, optimise l’absorption de calcium par l’intestin. Le calcium du lait est donc plus facile à assimiler que celui contenu dans les noix, les poissons en conserve et les légumes verts. Les produits laitiers, quant à eux, sont moins riches en calcium et en vitamine D, étant donné que le lait y est dilué parmi d’autres ingrédients. En revanche, l’écrémage du lait ne modifie pas sa teneur en calcium. Seuls les taux de matières grasses et de vitamines diminuent lorsqu’on passe d’un lait 3,25 % à un lait écrémé.

Quant au lien entre consommation de lait et réduction des fractures, il n’a pas été démontré, dit le Dr Jacques Brown, professeur de clinique au Département de médecine de l’Université Laval et chef du service de rhumatologie au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec. C’est aussi le cas pour la prévention de l’ostéoporose, une maladie qui cause l’amincissement et la fragilisation des os.
Mais si le lait n’a pas de réel effet préventif, il ne présente pas de risque pour la dégradation des os. « Les “antilait” disent qu’il augmente l’acidité de l’organisme, laquelle est néfaste pour les os. Mais pour parvenir à créer une telle acidité, il faudrait en consommer à l’excès. On parle d’au moins quatre litres par jour... Personne ne boit autant de lait », fait remarquer le Dr Ste-Marie.

de calcium par jour
C’est la dose recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et Santé Canada pour les adultes de 19 à 50 ans. Du côté des enfants, cette quantité varie entre  500 et 700 mg. Elle grimpe à 1 300 mg pour les adolescents.
Source : OMS et Santé Canada.

Le lait favorise l’inflammation chronique et les problèmes articulaires.


« Les études sur le sujet montrent que la consommation de lait ou de produits laitiers n’a aucun effet sur les concentrations sanguines des biomarqueurs reliés à l’inflammation chronique », affirme Jean-Philippe Drouin-Chartier. Bien que plusieurs personnes disent ressentir moins de douleurs après avoir cessé de boire du lait, la littérature scientifique ne confirme pas leurs propos. D’autres recherches seront nécessaires pour trancher le débat.
Quant aux douleurs arthritiques, les études à ce sujet sont peu nombreuses. Néanmoins, les quelques résultats disponibles incitent à croire que le lait et les produits laitiers pourraient avoir un effet protecteur. Une étude publiée en 2014 dans la revue Arthritis Care & Research laisse entendre que l’ostéoarthrite progressait moins rapidement chez les personnes qui consommaient le plus de lait (jusqu’à sept verres par jour). Le fromage était par contre associé à une progression plus rapide de la maladie. Bref, il est encore trop tôt pour dire si les produits laitiers sont bons ou mauvais pour les articulations.

Le lait contribue à la prise de poids et à l’épidémie d’obésité.


Aucune recherche sérieuse ne conclut que le lait serait à l’origine de l’obésité. Même que des études semblent plutôt démontrer le contraire. Selon une revue de littérature publiée en 2014, consommer plus de deux portions de produits laitiers par jour pourrait diminuer les risques de développer un syndrome métabolique, c’est-à-dire une série de problèmes de santé liés à des signes physiologiques, dont l’obésité abdominale. « La consommation de lait ou de produits laitiers est associée à un risque diminué d’obésité pendant l’enfance ainsi qu’à une meilleure composition corporelle à l’âge adulte », résume Jean-Philippe Drouin-Chartier.
Cependant, comme tout aliment consommé avec excès, certains produits laitiers riches en matières grasses ou en sucre, comme des yogourts aux fruits et certains fromages, peuvent vous amener à dépasser le nombre de calories quotidien recommandé.

Le lait cause le cancer de la prostate.


Selon un rapport du World Cancer Research Fund publié en 2014, la consommation de lait et de produits laitiers pourrait être associée à une légère augmentation du risque de cancer de la prostate. La hausse serait de 7 % pour chaque portion quotidienne de 400 g de produits laitiers, et de 3 % pour chaque portion de 200 g de lait. La consommation de calcium totale et le calcium laitier sont aussi associés à un risque plus élevé de contracter un cancer de la prostate.

Les effets protecteurs du lait et des produits laitiers sur le cancer colorectal seraient cependant plus importants que cette augmentation potentielle du risque de cancer de la prostate. Ces aliments protégeraient aussi contre les cancers de la vessie et du sein, de même que contre le cancer gastrique. Ils ne sont pas associés au risque de cancer pancréatique, des ovaires et des poumons.

Le lait contient des hormones nocives pour la santé.


Cet argument revient souvent chez les détracteurs du lait. Pourtant, les seules hormones qui s’y trouvent sont celles que produit naturellement la vache, puisque les hormones de synthèse, utilisées pour stimuler la production laitière, sont interdites au Canada.

Nous ne possédons pas les enzymes nécessaires pour digérer le lait.



C’est vrai pour une partie de la population mondiale. Les Asiatiques et les Autochtones, notamment, produisent peu ou pas de lactase, l’enzyme capable de digérer le lactose. Ce n’est cependant pas le cas des peuples comme les Nord-Américains et les Européens du Nord.

Le lait n’est pas nécessaire.


Le lait a sa place dans une saine alimentation en raison des minéraux et des vitamines qu’il contient, soulignent les experts rencontrés pour cet article. Dans ses recommandations, la nutritionniste Annie Ferland donne en exemple l’assiette santé élaborée par des chercheurs de l’Université Harvard. Dans cette assiette – où les produits laitiers sont considérés comme des protéines et ne font pas partie d’un groupe alimentaire en soi –, on suggère de consommer un ou deux verres de 250 ml de lait par jour.

Le lait n’est toutefois pas essentiel comme source de calcium, car on peut trouver du calcium dans d’autres aliments. Par exemple, 30 g de fromage cheddar ou 75 g de sardines à l’huile en fournissent la même quantité qu’une tasse de lait, soit environ 300 mg. Pour tirer autant de calcium des légumes ou des noix, vous devrez en consommer davantage, soit quelque trois tasses de bette à carde ou de fèves edamame, ou 200 ml d’amandes séchées. Vous devrez aussi surveiller votre apport en vitamine D, étant donné que ces aliments n’en contiennent pas (contrairement au lait). Les boissons de soya, d’amande ou de riz sont des solutions de rechange intéressantes au lait, à condition de privilégier les produits enrichis en calcium.


Litres de lait ont été consommés par chaque Canadien en 2015, ce qui équivaut à environ 1,7 portion par jour.



Source : Centre canadien d’information laitière d’Agriculture et Agroalimentaire Canada.
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Re: LAIT et produits laitiers ... bons ou mauvais ?

Message  Lorent le Mer 18 Avr 2018 - 0:56

Ce post est bien plus optimiste et tendre avec le lait que les etudes reprises dans l'ouvrage lait, mensonges, et propagande édité aux éditions Thierry Souccar. Ce livre se basant sur des publications exclusivement pour étayer son contenu.

Lorent

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